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Déclaration de la CFE-CGC au CA de la CNAF du 1er mars 2011 lors de la venue de madame la Ministre Roselyne Bachelot

Madame la Ministre, votre venue au Conseil d’Administration de la CNAF témoigne de l’intérêt que vous portez à la BRANCHE FAMILLE.

Pour la CFE-CGC, une politique familiale moderne doit intégrer les aspirations de tous  femmes et  hommes afin de concilier vie familiale, vie personnelle et vie professionnelle.

Pour ce faire notre confédération réaffirme son attachement à une action sociale familiale volontariste, active, lisible,  durable qui autorise l’ensemble des familles à avoir un espoir dans leur avenir.

Seule la volonté clairement affichée des Pouvoirs Publics de doter la Branche Famille des moyens nécessaires à une politique familiale efficace, de qualité et pour toutes les familles garantira la poursuite de l’action des Caisses d’Allocations Familiales.

La situation actuelle, jamais connue par les CAF, contient les germes d’une dégradation plus globale qu’il convient d’enrayer rapidement sous peine de créer des séquelles irréversibles. La qualité de service doit rester une ambition  et être consolidée et accrue.

Au-delà de la généralisation du RSA et de sa montée en charge progressive, des éléments de conjoncture liés à la crise économique et sociale génèrent des tensions supplémentaires qui n’étaient pas prévisibles.

Cette situation complexe et difficile qui perdure depuis de nombreuses années engendre des pressions chez les personnels qui sont désormais à saturation tant dans le domaine de l’accueil que dans la production.

Le climat relationnel avec les usagers se dégrade et, génèrent de plus en plus des phénomènes d’incivilité de plus en plus graves de la part des allocataires.

Madame la Ministre, le Conseil d’administration est composé de femmes et d’hommes de conviction, qui ont la fierté du service public, et le souci d’aider les familles allocataires. Ils  demandent à être écoutés et entendus sur les avis qu’ils expriment (décisions de la CRA entre autres).

Ils regrettent que de plus en plus les orientations qui président au fonctionnement des caisses d’allocations familiales soient guidées par des impératifs techniques, voire technocratiques, et que leur rôle politique s’éclipse peu à peu, alors qu’ils sont un lien entre les allocataires et l’Institution qui les sert.

Cette évolution a pour effet d’éloigner progressivement les grands décideurs des réalités du terrain. Les marges d’action locales s’étiolent, ce qui ajoute à la démotivation.

Aujourd’hui, les caisses d’allocations familiales sont, peut-être avec les mairies ou les centres communaux d’action sociale, les rares lieux à recevoir inlassablement les familles confrontées à des difficultés récurrentes.

Madame la Ministre, comment permettre aux caisses d’allocations de progresser vers des gains de productivité quand les mesures législatives ou réglementaires créent des règles qui ne peuvent pas être gérées par informatique ?

C’est le cas de la trimestrialisation de l’AAH, et de l’instruction du RSA Jeunes qui se relèvent être une catastrophe pour les bénéficiaires.

Nous vous demandons de remettre en chantier la simplification. L’Etat ne peut pas à la fois continuer à produire de la réglementation, de nouvelles prestations, à raffiner les anciennes, à modifier les règles sans cesse pour des motifs budgétaires ou sociaux et nous demander plus de qualité plus de personnalisation.

La CFE/CGC demande  que toute nouvelle mission soit chiffrée en terme de besoin en effectifs et que l’on arrête les suppressions d’emplois sans diminution corrélative de charge de travail. 

Madame la Ministre, les Caf ont besoin d’être reconnues en qualité de partenaires et non pas comme de simples opérateurs techniques 

Le rôle accru des CAF vis à vis des collectivités territoriales (conseils généraux) s’accompagne d’une ambiguïté dans le positionnement que l’on veut bien reconnaître à l’institution.

Aujourd’hui, les agents ne voient aucun signe en terme de gratification. Il est urgent de leur donner des signes de reconnaissance.

Aussi, nous réclamons pour le personnel de l’Institution une politique d’évolution des rémunérations respectant les compétences et responsabilités de chacun et ne cédant pas à la tentation du nivellement des rémunérations par le bas. 

Enfin Madame la Ministre, nous voulons être auprès des pouvoirs publics un véritable partenaire et un acteur écouté dans l’élaboration des politiques.

La Branche Famille est  et doit rester le vecteur essentiel de la politique de l’Etat en direction de toutes les Familles de France.

 

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