Le problème du financement de la retraite ne se résout pas en focalisant sur tel ou tel paramètre,
comme l’âge légal de départ à soixante ans, alors que la durée de cotisation est déterminante, a estimé Bernard Van Craeynest, face à la presse le 20 janvier. Repousser l’âge de départ au-delà de
soixante ans ne serait acceptable que si la mesure s’accompagne de « contreparties » : la CFE-CGC demande le maintien du dispositif des carrières longues (partir tôt quand on a commencé à
travailler tôt) et, pour les jeunes, l’intégration des périodes passées en entreprise durant la formation initiale, au titre des stages ou de la formation en alternance. Une autre contrepartie
serait d’intervenir sur le taux d’emploi des seniors - «à quoi cela servirait-il de travailler quarante-deux ans, si on passe quinze ans au chômage ! - et l’amélioration des conditions d’emploi,
notamment en tenant compte de l’impact de la pénibilité. La même condition de contreparties - ne pas pénaliser les fonctionnaires - sera nécessaire si l’on veut harmoniser les régimes de retraite
des secteurs privé et public. La CFE-CGC entend que soit conservé le système de retraite par répartition et s’oppose à l’idée d’un passage au système par points, celui-ci ne conduisant qu’à une
«baisse des pensions». C’est l’ensemble du financement de la protection sociale qui est à revoir, précise le président de la CFE-CGC : «il est crucial de trouver de nouvelles sources de
financement» qui reposent sur une autre assiette que la masse salariale. S’il y a nécessité pour les régimes complémentaires de s’adapter, les partenaires sociaux «auront leur mot à dire»
puisqu’ils en sont les gestionnaires. Si la retraite devait, au final, comporter trois étages (régime de base, complémentaires, surcomplémentaires), tous les salariés devront y avoir accès... La
CFE-CGC est d’accord pour débattre de ces questions dans le cadre d’une intersyndicale : «pourquoi pas renforcer nos points de convergence ?». Par ailleurs, dans le cadre du comité
directeur, la CFE-CGC a mis sur pied un groupe de travail interfédéral, piloté par Danièle Karniewicz, chargé d’examiner les solutions possibles.
(Source : www.cfecgc.org)