(2ème blog, voir rubrique liens utiles : http://cfecgc.urssafnordpasdecalais.over-blog.com)
Quelques chiffres :
PIB France 2013 : 2 060,4 Mds €
Inflation (moyenne des 12 derniers mois à fin avril 2014) : + 0,78 %
Dette publique (fin du 4e trimestre 2013) : 1925,3 Mds, 93,5 % du PIB
Balance commerciale (douze derniers mois) : - 60,3 Mds
Chômage au sens du BIT (1er trimestre 2014) : 10,1 %
Dépenses publiques 2013 : 1 176 Mds €
*La BCE :
La principale mission de la BCE est de garantir la stabilité des prix au sein de la zone Euro. Pour maitriser l’infla- tion (la BCE vise une inflation annuelle de 2 %), la BCE fait varier ses taux directeurs (à la baisse si l’inflation est trop faible, à la hausse dans le cas contraire). La lutte contre le chômage ne constitue pas, contrairement à la FED (Banque Centrale des Etats- Unis), une des missions de la BCE. Un changement des statuts de la BCE permettrait une politique plus agressive, notamment en termes de politique de change
« L’euro fort » :
Un frein certain pour nos exportations,
N° 9- Mai 2014
une aubaine pour réduire la facture énergétique
Le Premier ministre Manuel Valls a déclaré lors de son discours de politique générale du 8 avril dernier, qu’un niveau trop élevé de l’euro, « l’euro fort », face au dollar en particulier, nuit à la compétitivité de la France1. Or, l’euro s’échange aujourd’hui à 1,36 dollar sur le marché des changes. Pour avoir une idée de l’évolution, le 4 janvier 1999 lors de son premier jour de cotation officielle sur le marché des changes, l’euro s’échangeait contre 1,17 dollar.
Comme évoqué dans plusieurs des numéros précédents, les entreprises françaises sont positionnées sur des produits de milieux de gamme, et sont donc de fait assez sensibles à des variations de prix. Lorsque l’euro s’apprécie face au dollar, les produits fabriqués en zone Euro coûtent plus cher pour leurs clients étrangers (hors zone Euro). L’euro fort pénalise donc les entreprises qui produisent en France (ou en zone Euro) et qui exportent hors de la zone Euro.
En agissant sur le coût du travail, le pacte de responsabilité et de solidarité vise à améliorer la compétitivité des entreprises qui produisent en France. Une baisse de l’euro permettrait de renforcer ses effets. Pour la CFE-CGC, l’objectif du gouvernement doit donc être de peser politiquement pour infléchir la politique monétaire actuelle de la Banque Centrale Européenne (BCE). La réponse est clairement politique, et réside probablement dans un changement des missions de la BCE*.
Toutefois, la question du niveau de l’euro n’est pas si simple. En effet, même si « l’euro fort » est principalement abordé de façon négative, il présente quelques avantages et notamment l’avantage de réduire la facture énergétique de la France. Compte tenu de son importance (65,8 Milliards d’euros en 2013), cette question n’est pas anecdotique. Une baisse de l’euro face au dollar renchérirait automatiquement le prix du baril de pétrole importé et accroîtrait la facture énergétique des pays de la zone Euro. Il est donc primordial de réduire notre dépendance énergétique parallèlement à toute action visant à lutter contre un euro fort.
1 Le CAE (Centre d’Analyse Economique) estimait quant à lui dans une note de jan- vier qu’une dépréciation de l’euro de 10 % élèverait la valeur des exporta- tions hors zone euro de l’ordre de 7 à 8 % et qu’une telle dépréciation engen- drerait un surplus de croissance de 0,6 point de PIB après un an pour la France.
Les entreprises globalement confiantes, les ménages beaucoup moins...
• PIB
La croissance du PIB s’est stabilisée au premier trimestre 2014 après une croissance de 0,2 % au dernier trimestre 2013. Pour rappel la crois- sance du PIB pour l’année 2013 était de 0,4 % et le gouvernement table sur une croissance de 1 % pour l’année 2014.
Les contributions négatives à la croissance pro- viennent d’une part de la demande intérieure hors stock (- 0,4 point), tant du côté de la consommation des ménages (- 0,5 point) que de l’investissement (- 0,9 point) et d’autre part du commerce extérieur (- 0,2 point). La variation des stocks a permis de stabiliser la croissance du PIB (+ 0,6 point).
La production totale de biens et services conti- nue sa progression (+ 0,2 % au premier tri- mestre) notamment grâce au dynamisme de la production de biens manufacturés et des ser- vices malgré une diminution de la production dans la construction.
1. Entreprises
• Investissements dans l’industrie manufacturière
Globalement, les chefs d’entreprise de l’indus- trie manufacturière ont confiance en l’avenir puisqu’ils prévoient une hausse de 4% de leurs investissements pour 2014. C’est surtout le cas des chefs d’entreprise des industries agricoles et alimentaires (+ 9 % de dépenses en investisse- ment pour 2014), du secteur des biens d’équi- pement (+ 8 %), et des autres industries (+ 3 %). En revanche les chefs d’entreprise du secteur des matériels de transports prévoient une dimi- nution de 3 % de leurs investissements.
• Le climat des affaires et indicateur de retournement
Les chefs d’entreprise de l’industrie, du com- merce de gros et du commerce de détail ont une perception de la conjoncture qui continue de s’améliorer. Ceux du bâtiment et des services constatent, au contraire, une dégradation de la conjoncture dans leur secteur.
Globalement, le climat des affaires est stable et proche de sa moyenne de long terme, tout comme l’indicateur de retournement qui place la France dans un climat conjoncturel favorable.
2. Ménages
• Enquête de conjoncture des ménages
En mai 2014, l’indicateur de confiance des ménages est stable mais toujours bien inférieur (85) à son niveau de long terme (100). Les ménages sont particulièrement inquiets concer- nant leur capacité d’épargne future et les pers- pectives du niveau de vie en France. Ils sont néanmoins plus confiants concernant leur situa- tion financière future.
• Dépenses de consommation des ménages
Après une hausse de la consommation en biens des ménages de 0,6 % en mars, la consomma- tion diminue de 0,3 % en avril. Cette diminution s’explique principalement par la forte baisse des dépenses en énergie (- 3,3 %) contrebalan- cée par une hausse des dépenses alimentaires (+ 1,1 %) et des dépenses en biens durables (+ 0,5 % dont + 0,7 % pour l’automobile).
Par rapport à avril 2013, la consommation est en baisse de 0,5 %.
• Chômage
En avril, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A (n’ayant pas travaillé du tout durant le mois), a augmenté de 14 800 (soit + 0,4 % par rapport à mars 2014 et + 3,5 % sur un an).
Si l’on considère tous les demandeurs d’emploi tenus de faire une recherche active d’emploi qu’ils aient travaillé ou non durant le mois (caté- gories A, B et C), la hausse est de 36 400 (soit + 0,7 % sur un mois et + 4,2 % sur un an).
Une fois encore ce sont les 50 ans et plus qui sont proportionnellement plus touchés par la hausse du chômage (+ 0,7 % sur un mois et + 11,6 % sur un an).
Alain Giffard, secrétaire national en charge du secteur Économie et Industrie alain.giffard@cfecgc.fr
Service Économie : Anne Bernard, Francine Didier, Kevin Gaillardet et Justine Vincent kevin.gaillardet@cfecgc.fr
Maison de la CFE-CGC – 59 rue du Rocher – 75008 Paris +33 (0)1 55 30 12 12 –+33 (0)1 55 30 13 13 www.cfecgc.org